Rehausser le financement des organismes communautaires autonomes : un investissement rentable!

Saint-Esprit, le 8 mars 2016 – L’écart se creuse à chaque année entre les besoins exprimés par les organismes communautaires autonomes (OCA) et le financement octroyé par le réseau public. Lors de la séance publique de la rencontre du conseil du Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière (CISSSL) tenue à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne le 7 mars, la Table régionale des organismes communautaires de Lanaudière (TROCL) a procédé au dépôt collectif des demandes de soutien financier dans le cadre du Programme de soutien aux organismes communautaires. Cette année, les organismes lanaudois demandent une augmentation de 29 M$ de l’enveloppe consacrée à la réalisation de leur mission.

Un investissement rentable
En plus de l’impact positif dans les communautés pour lesquelles ils travaillent, une note ministérielle de 2014 du Ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale (MESS) vient apporter un éclairage nouveau sur l’impact économique de la présence des organismes communautaires et bénévoles au Québec. Le gouvernement québécois investit 920 M$ dans les organismes à la grandeur de la province. En plus des subventions gouvernementales, les organismes mènent des campagnes d’autofinancement, font appel à des fondations et innovent afin de répondre aux besoins de la communauté. L’apport des organismes communautaires et bénévoles a été chiffré à 2 milliards de dollars de dépenses, somme qui est injectée dans l’économie québécoise annuellement.

Le milieu communautaire autonome subventionné représente donc un secteur d’emploi plus important que le secteur de l’agriculture ou de celui des mines, du pétrole et du gaz selon les informations du MESS. Cela représente un peu plus de 32 000 emplois à temps complet partout au Québec. De plus, il faut ajouter les emplois indirects qui sont estimés à 3200 emplois à temps plein. Selon l’agente de liaison de la TROCL, Maya Fernet : « Voilà une démonstration importante que le mouvement communautaire n’est pas une dépense pour l’État, mais bien un investissement qui rapporte. Le rehaussement du financement n’avantagerait pas seulement le mouvement communautaire, mais aussi l’ensemble de l’économie québécoise. À l’aube du prochain budget, le gouvernement devrait rehausser ses investissements dans le secteur. »

Une approche différente qui a fait ses preuves
Au quotidien, par leurs approches et leurs pratiques alternatives, les organismes font de la prévention, ils permettent aux gens de reprendre du pouvoir sur leur vie et ainsi de prendre la place qui leur revient dans la société.

Les organismes placent les citoyennes et citoyens au cœur de l’action, ils les accueillent avec ouverture et respect pour l’ensemble de ce qu’ils sont. Selon des données de l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière, ce sont 60 000 lanaudoises et lanaudois qui franchissent les portes des organismes. Un financement adéquat leur permettrait de réaliser leur mission et de soutenir adéquatement la population qui exprime des besoins grandissants dans le contexte austère qui sévit depuis plusieurs années.

Un rehaussement demandé dès le prochain budget.
Les personnes présentes lors de l’activité organisée par la TROCL ont demandé ce que le CISSSL ferait comme actions pour mettre fin au sous-financement dont sont victimes les organismes communautaires depuis plusieurs années. Comme le spécifie Alexandre Vadnais, membre du comité « expertise » de la TROCL et travailleur au Réseau communautaire d’aide aux alcooliques et autres toxicomanes : « les organismes communautaires autonomes ont besoin d’un financement à la mission adéquat leur permettant de se consacrer entièrement aux citoyennes et citoyens qui ont besoins d’eux. »

Depuis plusieurs années, aucun investissement significatif n’a été réalisé au niveau du financement à la mission, le seul type de financement leur permettant de préserver leur autonomie, leurs approches, leurs pratiques et leur visée de transformation sociale. Les organismes passent de plus en plus de temps à remplir des demandes de financement et à se spécialiser dans la sollicitation financière plutôt que de répondre aux besoins des gens.


Source :
Samuel Mainguy
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